Agence Algérienne pour le Rayonnement Culturel

Espaces AARC

Présentation Dar Abdelatif

Dar Abdelatif , située à Alger, a été construite à la fin du XVIIe siècle par un dignitaire du pouvoir deylical. La première mention officielle de l’édifice remonte à 1715. Nichée sur un terrain de deux hectares et demi au milieu d’une végétation luxuriante, elle surplombe le Jardin d’Essai et l’actuel Musée des Beaux-Arts. [00:00:11]

Entre 1717 et 1831, la villa change plusieurs fois de mains. Elle appartient successivement à Ali ben Mohammed Agha, puis à Sidi Ali ben Mohammed el-Sabbagh, lecteur de Coran. Elle passe ensuite sous la propriété d’Osman, syndic des janissaires, d’un droguiste, puis de Hadj Mohammed Khodja, ministre de la Marine en 1790. À partir de 1795, elle devient la demeure de Si Mahmoud Abd-el-Tif, dont elle garde le nom aujourd’hui.

Durant la période coloniale, la villa connaît des usages variés. Affectée d’abord à l’infirmerie de la Légion étrangère (1831-1836), elle est ensuite restituée à la famille Abdelatif avant d’être vendue aux Domaines en 1846. Elle sert d’ambulance lors de l’épidémie de choléra en 1866, avant de tomber dans l’oubli jusqu’en 1905, où elle devient une annexe du Jardin d’Essai.

En 1906, sous l’impulsion du critique d’art Arsène Alexandre et du gouverneur général Charles Jonnart, le projet de transformer la villa en « Maison des artistes » voit le jour. Classée monument historique en 1907, elle devient une résidence prestigieuse pour les artistes métropolitains, souvent comparée à la Villa Médicis de Rome ou à la Casa de Velázquez en Espagne. Elle accueille alors des peintres, sculpteurs et graveurs de renom, logés aux frais de l’État après l’obtention du prix Abdelatif .

Après l’indépendance de l’Algérie, la villa traverse des périodes difficiles, étant notamment occupée par des familles de 1967 à 2002. Suite au séisme de 2003, d’importants travaux de restauration sont entrepris entre 2006 et 2008 par le ministère de la Culture  et l’Office National de Gestion et d4Exploitqtion des Biens Culturel Protèges . Ces travaux ont permis de redécouvrir des éléments architecturaux originaux, comme un puits de 40 mètres et un système d’irrigation complexe alimenté par le « bassin des femmes ».

Depuis sa réouverture en 2008, Dar Abdelatif a retrouvé sa vocation première. Elle est désormais le siège de l’Agence Algérienne pour le Rayonnement Culturel (AARC) et continue d’être un espace d’échanges, de résidences et de création pour les artistes algériens et internationaux, préservant ainsi l’harmonie parfaite de son architecture, régie par les proportions du « Nombre d’Or ».

L’architecture de la villa est un témoignage vivant de l’esthétique ottomane alliée à la topographie algéroise. Le rez-de-chaussée s’articule autour d’un patio central à ciel ouvert, véritable poumon de l’édifice, entouré d’une galerie à arcades où les colonnes en marbre soutiennent des voûtes délicates. Ce niveau, qui abritait autrefois les écuries et les zones de service, contraste avec l’étage noble où se trouvaient les appartements privés. La restauration a permis de mettre en lumière la finesse des détails, des boiseries sculptées aux motifs de faïence qui ornent les murs, créant un jeu de lumière et d’ombre qui change au fil de la journée.

Au-delà de ses murs, Dar Abdelatif est indissociable de ses jardins en terrasses. La structure du terrain a été pensée pour favoriser une circulation fluide de l’eau et de l’air, offrant des points de vue spectaculaires sur la baie d’Alger. Ce cadre enchanteur explique pourquoi tant d’artistes y ont trouvé une source d’inspiration intarissable. Les jardins, restaurés dans le respect des essences méditerranéennes, servent aujourd’hui de prolongement aux espaces d’exposition, permettant une fusion entre la nature, l’histoire et l’art contemporain.

Aujourd’hui, sous l’égide de l’Agence Algérienne pour le Rayonnement Culturel, la villa ne se contente pas d’être un monument du passé ; elle est un acteur dynamique du présent. En accueillant des colloques, des ateliers de formation et des expositions de prestige, elle renoue avec son héritage de « Maison des artistes ». Elle demeure ce lieu de passage obligé pour quiconque souhaite comprendre l’âme culturelle d’Alger, un pont entre les siècles qui continue d’écrire l’histoire de la création artistique en Algérie.

Photos Dar Abdelatif

Vidéos Dar Abdelatif

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